Ne vous faites pas avoir par son nom imprononçable ! Kopa…ba…yaka… Kobayakawa est un petit jeu de bluff très malin qui vous plongera dans l’univers du poker.

Le jeu

Plusieurs choses m’ont séduites dans Kobayakawa :

Son premier atout est de tenir dans la poche, ce qui me permet de l’emporter en voyage. J’aime faire découvrir les jeux que j’achète à ma famille et à mes amis, mais ils ont tendance à prendre une certaine place dans la valise.
Avec ce type de jeu, j’en apporte plus et je varie les plaisirs. On peut ainsi enchaine deux ou trois parties de Ici Londres, passer sur du Bang puis finir avec un Pick a Pig.
Il y’en a pour tous les goûts !
On ne passera pas une soirée entière sur l’un d’eux, mais un joueur qui n’aime pas tel ou tel style ne se sentira pas exclu.

Son second atout est son nombre de joueur. Jusqu’à quatre participants, tout va pour le mieux dans la majorité des jeux, mais dès que l’on commence à être beaucoup les choix s’amoindrissent.
A cinq, ça peut passer.
A six, c’est souvent la galère !
A sept, ça devient quasiment impossible.
On a beau rajouter des cartes dans Love Letter pour le faire découvrir à la famille, ça ne suffit souvent pas.
Kobayakawa s’adapte à presque toutes les situations en acceptant trois à six joueurs.

Son troisième atout est sa langue. Du peu que j’en ai vu, les jeux japonais peuvent être classés en trois catégories :

  • Sans texte
  • Avec texte japonais + anglais
  • Avec texte japonais uniquement

Chaque catégorie restreint le nombre de joueurs potentiels. La première a l’avantage d’être accessible à la condition de trouver les règles en français. La plupart sont disponibles facilement sur Internet, cette partie ne pose donc pas de problème.
Kobayakawa a l’avantage de ne contenir que des chiffres.

Les règles

Kobayakawa est le nom d’une famille de samouraïs qui a vécu aux alentours du XV-XVIème siècles. Leur histoire est étroitement liée à celle du japon et ils ont participé à plusieurs batailles importantes. Ils disparaissent en 1602 faute d’héritier.
Le symbole de leur clan est inscrit sur les pièces du jeu.

Kobayakawa

Le jeu est composé de 15 cartes numérotées de 1 à 15 et de 32 pièces.Le matériel est de bonne qualité. Les cartes sont fines, un peu pliées, mais solides. Elles semblent très résistantes. Le métal donne l’impression de jouer avec des pièces de valeur et de parier quelque chose de précieux. Il renforce l’immersion.

Kobayakawa

Chaque joueur reçoit quatre pièces au début de la partie et huit sont mises au centre de la table. Elles appartiennent à la banque.
Les joueurs reçoivent également une carte secrète.

Une dernière carte est placée face visible. Elle est appelée Kobayakawa.

A son tour, les joueurs disposent de deux actions :

  • Piocher une carte, la mettre dans sa main et défausser l’une des deux face visible
  • Piocher une carte et la poser sur le Kobayakawa

Une fois que chacun a joué, on passe à la phase deux. L’une des pièces de la banque est placée au centre de la table. En partant du premier joueur, chaque participant va choisir si il veut ou non miser une pièce. Ceux qui se couchent ne participent pas à la seconde phase. Les autres dévoilent leur carte et la valeur la plus forte l’emporte.

 

Mais à quoi sert donc le Kobayakawa ?
La valeur la plus faible additionne tout simplement sa valeur à celle de la carte du centre. Une personne avec une valeur forte aura donc tout intérêt à ce que le Kobayakawa soit bas. Et inversement.
Faut il tenter le coup ou abandonner ?

Il n’est d’ailleurs pas rare de se retrouver en tête à tête en phase deux.

Le jeu se poursuit ainsi jusqu’à la 7ème manche. La mise n’est plus d’une, mais de deux pièces. Ceux qui n’en possèdent qu’une seule peuvent tout de même jouer.

On compte ensuite les possessions de chacun et celui qui a le plus de pièce gagne la partie.

La future version française

Une version française de ce jeu sera bientôt disponible, éditée par Superlude. Apparemment, les changements seront minimes et ne concerneront que des détails. Les numéros stylisés au centre des cartes disparaitront pour laisser place à des signes japonais. Les pièces en métal seront remplacées par des jetons en carton.

Personnellement, je regrette ces choix esthétiques. Les kanji me donnent l’impression que c’est le côté japonais qu’on met en avant, plus encore que les mécanismes ou le jeu lui même. Les numéros ne sont pas forcément des plus lisibles, mais je les trouve beaux et originaux. Ils représentent le côté minimaliste du jeu. Les kanji, au final, sont presque caricaturaux.

Ce n’est bien sûr que mon avis et ça ne m’empêchera pas de l’acheter à sa sortie.

La manipulation des pièces en métal est agréable, mais le choix du carton est compréhensible, puisqu’il permet de faire descendre le prix et de le rendre plus accessible.

Conclusion

Kobayakawa ressemble à un poker minimaliste. Le matériel est de qualité et le jeu très dynamique. Il fonctionne bien quel que soit le nombre de joueurs, mais le chiffre idéal est de quatre ou cinq selon moi.
A six, certains risquent de ne rien miser de la partie.

Certains de mes joueurs lui reprochent tout de même une phase 1 un peu courte. Ils aimeraient qu’elle dure plus longtemps.

A chaque fois que je l’ai sorti, le jeu a bien marché. Il peut sembler simpliste au premier abord, mais il demande tout de même une certaine réflexion. Une grosse carte n’est pas forcément synonyme de victoire et il faut savoir prendre des risques. Les égalité (nous laissons les pièces au centre) et la dernière manche permettent souvent de renverser la partie.