30 minutes

3 joueurs min

6 joueurs max

Auteur(s) :

Editeur(s) :

Illustrateur(s) :

Dragons est un jeu de stop ou encore et de mémoire dans un univers fantasy peuplé de… dragons.

La petite histoire de Dragons

Bruno Faidutti parle de la création de Dragons sur son blog. Le jeu s’est fait très vite, du premier prototype à la signature du contrat avec Matagot, en passant par les parties de test.

L’inspiration qui l’a guidé dans la création de Dragons serait De l’Orc pour les Braves, un jeu qu’il co-créé avec Alan R. Moon en 2003. De l’Orc pour les Braves est un jeu de mémoire et de rapidité. Les joueurs tentent de créer des combinaisons en posant des cartes sur des piles pour les réclamer. Le jeu est très chaotique : l’un des joueurs pioche et pose les cartes sur les tas pendant que les autres les revendiquent frénétiquement.

David Cochard a déjà illustré plusieurs jeux de Bruno Faidutti, comme Waka-Tanka et Kamasutra. La fièvre des dragons l’a apparemment touché, puisqu’il s’est amusé à dessiner des dragons un peu partout (bijoux, armes, etc.).

Les règles du jeu

Mise en place

Les joueurs prennent une figurine de dragon et la placent devant eux.

Les cartes sont mélangés et séparés en 3 ou 4 tas égaux :

  • 4 tas à 3/4 joueurs
  • 3 tas à 5/6 joueurs

Chaque tas représente une manche. Les joueurs prennent l’un des tas et le posent au centre de la table. Ils piochent, retournent et placent face visible autant de cartes que de joueurs.

Déroulement

Les joueurs jouent les uns après les autres.

À son tour, un joueur peut faire l’une des 2 actions :

La manche se termine lorsque tous les joueurs ont récupéré un tas. Si il reste des cartes dans la pioche, elles reviennent au le dernier joueur à poser sa figurine.

Les joueurs classent leurs gains par type devant eux. Ils prennent ensuite la pioche suivante suivant, la placent au centre de la table, et commencent une nouvelle manche.

Fin de partie

La partie prend fin quand il ne reste plus de carte. Les joueurs passent au décompte des points :

  1. Ils regardent les animaux de chacun (vaches et moutons)
    • A 3/4 joueurs, celui qui possède le moins de vaches + moutons est éliminé
    • A 5/6 joueurs, le joueur qui possède le moins de vache et le joueur qui possède le moins de moutons sont éliminés
  2. Les joueurs restants comptent leurs points
    • Chaque pièce vaut 1 point
    • L’anneau unique vaut 7 points. Si un joueur a plusieurs anneaux uniques, ils valent tous 0 points.
    • Chaque set épée + casque + bouclier + armure vaut 10 points
    • Chaque lot de 3 couronnes, sceptres, torques ou colliers vaut 10 points
    • Le joueur majoritaire dans les pierres bleues gagne 12 points
    • Le joueur majoritaire dans les pierres rouges gagne 12 points
    • Chaque pot donne autant de points que le nombre de pots possédé par le joueur

Le joueur qui possède le plus de points gagne la partie !

Variantes

Bruno Faidutti propose 3 variantes :

  • Jouer une année de plus pour rendre la mémorisation plus simple
  • Supprimer l’aspect mémoire en affichant toutes les cartes. Cette variante apporte un peu plus de stratégie
  • Chaque joueur commence avec 1 carte en main. À son tour, il pioche une carte sans la révéler et pose l’une des deux cartes qu’il a en main sur un tas. Cette variante augmente le contrôle et le bluff

Le matériel de Dragons

La couverture de la boîte représente une salle remplie d’or. Les 6 dragons du jeu se battent pour prendre leur part du butin : le jaune et le rouge veulent le même bâton, le bleu se noie dans un coffre aux trésors, le violet tient une pièce, et le turquoise une gemme. Seul le dragon rose se tient à l’écart en arrière plan. Il semble prendre les autres de haut, trop fier pour participer à la bataille.

Le nom du jeu est inscrit en haut de la boîte dans une typographie rappelant les univers heroic fantasy. Le « S » est en forme de dragon. Le jaune du titre rappelle la couleur de l’or.

Le nom de l’auteur, Bruno Faidutti, est placé au dessus du titre dans une police plus sobre. L’illustrateur, David Cochard, n’apparaît pas.

Le logo de Matagot et les caractéristiques du jeu sont présents en bas à gauche.

L’arrière de la boîte présente une mise en situation du jeu, une courte description et une liste du matériel. Le nom de l’auteur et de l’illustrateur sont rappelés à côté du nom du jeu. Le texte les introduisant est en anglais.

La description et le matériel sont notés en 3 langues : anglais, français, néerlandais.

Les dragons sont représentés sur des supports de cartons recto-verso : d’un côté l’avant du dragon et de l’autre l’arrière. Ils ne sont pas très effrayants et certains semblent presque civilisés !

Ils ont tous un comportement, une carrure, une expression et une couleur différente. Chaque dragon est posé sur un petit tas d’or.

Le découpage du carton suit la forme de leur corps.

Les cartes de Dragons représentent :

  • Des animaux : une vache rectangulaire au regard vide et un mouton tout aussi rectangulaire qui tire la langue
  • Des équipements guerriers : casque, épée, bouclier, armure. Le casque ne pourrait pas être porté par un humain. L’épée a un petite sculpture de dragon sur son pommeau et le bouclier/armure ont une peinture de dragon.
  • Des bijoux
  • Des pots
  • Des gemmes avec un dragon gravé dessus
  • Des pièces représentant un dragon
  • Des anneaux d’un dragon se mangeant la queue

Chaque objet (ou animal) est placé sur un fond coloré, ce qui permet de distinguer immédiatement les différentes familles.

Les aides de jeu.

Le bloc note facilite le calcul des points en fin de partie. Les éléments à comptabiliser sont repris dans un tableau à double entrée.

3 livrets de règles sont présents dans la boîte : anglais, français, et néerlandais.

Mon avis

Dragons est un petit jeu léger de stop ou encore, de mémoire, de bluff et de collection. Les règles s’apprennent vite et la mise en place est rapide. Il se joue de 3 à 6 joueurs, ce qui est assez rare.

Le principe du jeu (choisir un tas ou placer une nouvelle carte) est tout simple, mais il fonctionne bien. Il me rappelle Welcome to the Dungeon en plus accessible. Dragons semble s’adresser avant tout à un public très familial.

Les figurines de dragons ne sont pas indispensables. Elles auraient pu être plus petites, sous forme de cartes ou même inexistantes : le joueur pourrait simplement prendre un tas et le placer devant lui. Mais leur aspect et leur présence ajoutent à l’ambiance. On ne peut pas vraiment dire qu’on se sent transporté dans cet univers fantasy pendant la partie, mais… quand même !

Les variantes sont intéressantes : j’ai joué avec la version de base et celle sans mémoire. Elles permettent de s’adapter au public et d’offrir des sensations de jeux différents sur une même base. La version sans mémoire est plus stratégique puisque chacun a accès aux mêmes informations.

Quelle que soit la règle, les joueurs doivent faire attention en alimentant un tas : si ils mettent trop de cartes intéressantes, elles pourront lui passer sous le nez. Il faut aussi bien regarder ce que possèdent les adversaires : si ils tentent de récupérer des armures, des bijoux, des gemmes ou des animaux. Au dernier tour, il peut être intéressant de placer un grand nombre d’animaux sur un tas très pauvre. Les joueurs qui risquent l’élimination à cause du manque de moutons et de vaches dans leur collection se battront pour l’avoir et ne pas se faire éliminer.

La prise d’un tas doit aussi être réfléchie : elle ne doit pas se faire trop tôt ou trop tard sous peine de se retrouver avec peu de cartes ou des cartes peu intéressantes.

L’élimination du joueur possédant le plus petit nombre d’animaux peut paraître injuste, mais je trouve cet ajout vraiment intéressant. Il rend le jeu un peu plus stratégique et ouvre de nouvelles possibilités : il ne suffit pas d’accumuler des trésors sans réfléchir, mais de garder un certain équilibre pour ne pas finir dernier.
Par contre, il est possible que les plus jeunes aient du mal avec cette règle.

Pour résumer, Dragons est un petit jeu rapide, agréable et simple. Il s’apprend et se joue facilement. Il mériterait une version de voyage pour le transporter plus facilement ! Dans une petite boîte ou un sac et sans les figurines, c’est un jeu parfait pour les vacances en famille.

Dragons vs Welcome to the Dungeon

Welcome to the Dungeon est un petit jeu minimaliste japonais créé par Masato Uesugi. En France, il est illustré par Paul Mafayon et édité par Iello.

Son nombre de joueurs est plus classique que Dragons : de 2 à 4.

Welcome to the Dungeon

Dans Welcome to the Dungeon, les joueurs sont devant l’entrée d’un donjon et doivent décider qui entre. À leur tour, ils choisissent de piocher un monstre ou de passer. Si ils piochent, ils doivent ensuite placer la carte dans le donjon ou devant eux (en sacrifiant l’un des équipements disponibles). Le dernier joueur à passer entre (de force) dans le donjon et doit affronter tout ce qui s’y trouve.

Dragons et Welcome to the Dungeon partagent un thème fantasy. La mécanique se ressemble aussi beaucoup : piocher une carte ou passer/prendre un tas. Passer comme prendre un tas sortent le joueur de la manche. Mais la ou le joueur de Dragons se retrouve avec des objets, celui de Welcome to the Dungeon n’a rien.
Dans Dragons, tous les joueurs gagnent quelque chose. Ce gain peut être très inégal, mais ça reste un gain. Dans Welcome to the Dungeon, seul le dernier joueur peut entrer dans le donjon. Sa réussite n’est pas automatique : il doit affronter les monstres et vérifier qu’il passe sans encombre.

Dragons a un système de scoring. Les joueurs comptent leur points de victoire suivant les objets qu’ils ont devant eux. Welcome to the Dungeon est différent : si un joueur sort victorieux du donjon 2 fois, il gagne la partie. Si un joueur se fait battre par les monstres 2 fois, il est éliminé.

L’action de passer dans Welcome to the Dungeon est beaucoup plus sûre que celle de prendre un tas dans Dragons. Le joueur qui passe ne risque rien, il peut même gagner si tous ses adversaires se font éliminer. L’une des stratégies valables de Welcome to the Dungeon est même de placer des monstres puissants dans le donjon, de défausser les plus faibles en sacrifiant les équipements capables de battre les puissants… et de passer.

La mémoire est au centre du jeu dans Dragons. Dans Welcome to the Dungeon, les joueurs n’ont pas tous accès aux mêmes informations. L’aspect mémoire est donc moins présent, remplacé par une part importante de bluff.

Je trouve Welcome to the Dungeon plus expert que Dragons. Malgré son système d’élimination (les animaux), Dragons reste plus simple dans sa règle et accessible pour les plus jeunes.

En bref

Public : Familial

Mémoire

Majorité

Le matériel

Liste du matériel
Nom Nb
Figurines de dragons 6
Socles 6
Feuilles de score 150
Cartes 110